Violence de papier
vendredi 4 janvier 2019
jeudi 20 décembre 2018
20-12-18
Déjà ? C’est étonnant. Ils sont jaunes,
les uns de dos, les autres d’effroi.
Les passagers du Titanic avaient pour eux leur ignorance de la catastrophe et de sa proximité dans leur candeur à dîner et à valser sous des lustres magnifiques. Bien sûr, pour ceux et celles qui dînaient et dansaient sous des lustres magnifiques… Quand bien même, pour les autres, au service de tables, en salle des machines ou en troisième classe, l’ignorance était la même, délicieusement emmitouflée dans l’acier, le compas, l’uniforme et l’argent. Une ignorance puissamment inscrite dans la délégation. Offerte en prime, presque en sacrifice.
Et vogue, vogue, vogue pendant qu’ils dînent, pendant qu’ils dansent ou cependant qu’ils se remplissent la panse en se dandinant.
Mais par un injuste retour des choses, reviendrait-il ainsi à la confiance de bercer l’ingénuité et de nourrir la légèreté ? A la confiance dans l’acier, dans le compas, dans l’uniforme et dans l’argent, reviendraient la primauté de la loi et du cap, la supériorité du savoir et de l’explicatif, la planification des actions et l'écriture du calendrier quand finalement elle ne propose que la richesse des images dans la vacuité des actes ?
« Nous recherchons des solutions équilibrées », un président...
« Il est inutile de céder à une inquiétude excessive », une ministre...
« Quoi ? N’aurions-nous donc pas le devoir de s’amuser et de dîner et de danser ? Tournons-en rond, tournons-en rond ! »...
Et vogue, vogue, vogue...
L’ignorance s’inscrit profondément dans la confiance. L’ignorance devient la fleur dont se pare la délégation, elle qui s’enquit sans cesse du prestige de l’élégance. De beaux costumes, de belles manières, de jolis pas. Un bal moqueur en vérité, sous des platanes malades au son d’un accordéon rance. Le bal des morts-vivants.
Seuls quelques uns rient jaunes, seules quelques unes rient jaunes. Eux qui savent.
Les passagers du Titanic avaient pour eux leur ignorance de la catastrophe et de sa proximité dans leur candeur à dîner et à valser sous des lustres magnifiques. Bien sûr, pour ceux et celles qui dînaient et dansaient sous des lustres magnifiques… Quand bien même, pour les autres, au service de tables, en salle des machines ou en troisième classe, l’ignorance était la même, délicieusement emmitouflée dans l’acier, le compas, l’uniforme et l’argent. Une ignorance puissamment inscrite dans la délégation. Offerte en prime, presque en sacrifice.
Et vogue, vogue, vogue pendant qu’ils dînent, pendant qu’ils dansent ou cependant qu’ils se remplissent la panse en se dandinant.
Mais par un injuste retour des choses, reviendrait-il ainsi à la confiance de bercer l’ingénuité et de nourrir la légèreté ? A la confiance dans l’acier, dans le compas, dans l’uniforme et dans l’argent, reviendraient la primauté de la loi et du cap, la supériorité du savoir et de l’explicatif, la planification des actions et l'écriture du calendrier quand finalement elle ne propose que la richesse des images dans la vacuité des actes ?
« Nous recherchons des solutions équilibrées », un président...
« Il est inutile de céder à une inquiétude excessive », une ministre...
« Quoi ? N’aurions-nous donc pas le devoir de s’amuser et de dîner et de danser ? Tournons-en rond, tournons-en rond ! »...
Et vogue, vogue, vogue...
L’ignorance s’inscrit profondément dans la confiance. L’ignorance devient la fleur dont se pare la délégation, elle qui s’enquit sans cesse du prestige de l’élégance. De beaux costumes, de belles manières, de jolis pas. Un bal moqueur en vérité, sous des platanes malades au son d’un accordéon rance. Le bal des morts-vivants.
Seuls quelques uns rient jaunes, seules quelques unes rient jaunes. Eux qui savent.
jeudi 6 décembre 2018
06-12-18
En deux ans, j’ai changé.
Cela fait maintenant de longs mois que je ne valide plus un changement en termes de progression ni même de progrès. Les formules hiérarchiques, les échelles normatives, les identités administratives se sont dissoutes d’elles-mêmes, dissipant dès lors les conflits existentiels, l’étalonnage des parcours, la morale extérieure. Il s’agit d’une véritable liberté.
En deux ans, j’ai changé.
A la vue de mes découvertes, je me dis que j’ai mis deux ans à changer. Et qu’ainsi il m’a fallu tout ce temps pour arriver enfin au dernier tiers de ma vie et pour comprendre réellement ce que ce tiers représente : autant l’aboutissement de choix enfin éclairés que le temps qui va me manquer. Car peut-on vraiment arriver en retard à son propre enterrement ?
En deux ans, j’ai changé.
C’est dommage d’avoir consommé tout ce temps pour si peu de résultats. Mais tourner en rond toutes ces années a fait parti de l’itinéraire, donc pas de regrets. Qui serai-je aujourd’hui pour prétendre faire mieux ? A croire que seul un pied de mur fait office d’escalier efficace : pour voir au-delà du mur, un pied en forme de coup. Capable, sans grandir soi-même, d’agrandir son champs de vision.
Voir le large. Voir soi-même.
Cela fait maintenant de longs mois que je ne valide plus un changement en termes de progression ni même de progrès. Les formules hiérarchiques, les échelles normatives, les identités administratives se sont dissoutes d’elles-mêmes, dissipant dès lors les conflits existentiels, l’étalonnage des parcours, la morale extérieure. Il s’agit d’une véritable liberté.
En deux ans, j’ai changé.
A la vue de mes découvertes, je me dis que j’ai mis deux ans à changer. Et qu’ainsi il m’a fallu tout ce temps pour arriver enfin au dernier tiers de ma vie et pour comprendre réellement ce que ce tiers représente : autant l’aboutissement de choix enfin éclairés que le temps qui va me manquer. Car peut-on vraiment arriver en retard à son propre enterrement ?
En deux ans, j’ai changé.
C’est dommage d’avoir consommé tout ce temps pour si peu de résultats. Mais tourner en rond toutes ces années a fait parti de l’itinéraire, donc pas de regrets. Qui serai-je aujourd’hui pour prétendre faire mieux ? A croire que seul un pied de mur fait office d’escalier efficace : pour voir au-delà du mur, un pied en forme de coup. Capable, sans grandir soi-même, d’agrandir son champs de vision.
Voir le large. Voir soi-même.
mercredi 5 décembre 2018
05-12-18
Enfants, à la rivière, nous pêchions à la ligne. Sous les
reflets des nuages, les poissons étaient là. Au point de jouer
parfois de nos regards d’espoir quand les poissons passaient tout
près de nos appâts.
Enfants, à la rivière ; adultes, à la corvée. Recreuser le lit de ses dépôts de temps, évacuer à la pelle ses boues si sordides, passer le fil des heures à obtenir des darnes.
Oubliée, la rivière, oubliés, les poissons, et les reflets de lune, et le ciel aux étoiles, de ceux qui sont venus : caresser le souvenir. Car l’on attend encore, assis au bord d’un trou, l’on attend toujours sans trop savoir pourquoi. Assis au bord d’un trou où l’eau ne passe plus, où les poissons sont morts, où même la terre pue.
Des herbes folles enivrent pour nous l’attente : des places de parking pour meubler le temps, un mur d’images qui brillent accroché aux murs sales, des mots à l’encre d’or plantés dans de l’albâtre.
Ah, finir dans un trou !
Enfants, à la rivière ; adultes, à la corvée. Recreuser le lit de ses dépôts de temps, évacuer à la pelle ses boues si sordides, passer le fil des heures à obtenir des darnes.
Oubliée, la rivière, oubliés, les poissons, et les reflets de lune, et le ciel aux étoiles, de ceux qui sont venus : caresser le souvenir. Car l’on attend encore, assis au bord d’un trou, l’on attend toujours sans trop savoir pourquoi. Assis au bord d’un trou où l’eau ne passe plus, où les poissons sont morts, où même la terre pue.
Des herbes folles enivrent pour nous l’attente : des places de parking pour meubler le temps, un mur d’images qui brillent accroché aux murs sales, des mots à l’encre d’or plantés dans de l’albâtre.
Ah, finir dans un trou !
vendredi 30 novembre 2018
30-11-18
Je suis un bonhomme de fil de fer ; le vent passe à travers
moi, comme les pierres. Je n’ai pas d’écharpe, je ne gène
personne. Je suis planté en plein milieu d’un champs, une prairie
blanche où le temps ne passe pas. Un épouvantail qui n’effraie
rien ni quiconque. Planté là sans rien à faire, planté là sans affaire.
Je sens le vent passer à travers mes fils et mes fils ne bougent
pas. Je sens parfois une pierre frapper un fil et mon fil plie, se
tord et se dénoue.
Au fil du vent, rien ne bouge, au fil des pierres, mon corps se
dénoue. Le temps ne passe pas.
Je me souviens des fils accrochés à mon torse puisant dans des
écrans verts des sonorités aiguës. Je me souviens des câbles
filant de mes poignets jusqu’à des vasques molles remplies de
fluides translucides. Je me souviens des voix parlants des mots sans
sens changeant régulièrement des câbles et des fils.
Et la nuit tombe sans que le temps n’intervienne.
D’aujourd’hui, je m’évade, d’aujourd’hui, je m’enfuie : de musiques, d’alcool et d'écrits.
mardi 27 novembre 2018
27-11-18
La première fois que j'ai écris, j'avais 7 ans. Mes référents
n'ont pas répondu favorablement à mes attentes lorsque je leur ai
présenté ma création. Je n'ai dès lors plus écrit. J'aurai bien
aimé décrire une attitude bravache ou coléreuse. Je me suis juste
enfoui sous la résignation.
J'ai repris à 15 ans. Les hormones peut être.
Qu'il est difficile d'obtenir un avis sur un poème, sur une
fable, sur un récit dès lors qu'ils ne sont pas considérés comme
un travail. Bien sûr, ils restent l'expression et le produit d'un
travail. Mais dès lors qu'ils ne sont pas inscrits dans l'agenda
d'un autre, un poème, une fable, un récit ne peuvent pas être
reçus objectivement par un lecteur ni être lus du point de vue de
l'auteur par un tiers.
Car chacun-chacune vit devant un miroir, dans son palais des
glaces, à l’ombre de sa psyché. Chaque acte tendu vers l’un,
vers l’une, devient l’image de l’un, de l’une.
L’acte de création est un acte solitaire. Par définition. Par
essence. Par nature. Autant immanent que transcendant. L’acte de
création est sa propre croix. Solitairement.
lundi 26 novembre 2018
26-11-18
L’érudition, la connaissance, les connaissances sont un stock,
une mémoire, le résultat d’un ravitaillement. Souvent ponctuel,
parfois permanent.
Lorsque ce n’est pas géré par une pensée ou une réflexion,
cela reste un stock, un entrepôt, parfois même un dépotoir. Des
chiffres, des éléments de langages, des phrases aux kilomètres,
qu’importe la langue.
S’il s’agit enfin d’une matière première pour une
réflexion, une intelligence des choses, une tentative d’appréhender
le monde, alors cela devient un flux. Un flux qui peut s’exprimer.
Surtout un flux vivant qui laisse les autres s’exprimer : sans
jamais se sentir attaqué par l’opinion différente, opposée, sans
jamais se sentir trahi par l’idée mal argumentée ou pas
argumentée, sans se sentir affligé de l’incompréhension
d’autrui.
A ce jeu, si l’on peut 100, j’en suis à 10. Car c’est bien
sûr un concours. Cela doit être un concours. Mais un concours
contre soi-même. Un combat. Un face-à-face.
Vu mon âge et vu mon état général, je sais que j’ai perdu ce concours. Je n’atteindrais pas mes objectifs, c’est évident. J’en prends acte.
Je continue quand même.
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